Saviez-vous qu’il existe un lieu en France réservé à l’arbitrage où études et apprentissage du sifflet vont de pair ? Si vous êtes originaire du Val de Loire – oui, y a des gens là-bas -, vous savez d’ores et déjà que nous faisons allusion à la Section Sportive d’Arbitres d’Orléans (SSA). Après être allés à la rencontre de ses habitants (petite exclusivité), nous nous intéressons aujourd’hui à cet établissement unique en France, qui participe de la renommée du basket orléanais et national. Enquête.

L’arbitrage nous a aidé à mieux préparer notre avenir !

Baptiste Cretel & Matthieu Regnault

A l’origine, Alain Boyer (ex-président du comité du Loiret), Max Mamie (ancien arbitre international, commissaire FIBA/LNB) et Chantal Gaubert (ancienne basketteuse puis professeur d’EPS) ont l’idée de créer en 2009 une « Classe Arbitres ». L’idée est simple : créer une section sport-études, mais appliquée à l’arbitrage. Ainsi, les étudiants des lycées Benjamin Franklin et Pothier sont encadrés pour passer leur baccalauréat et leur diplôme d’arbitre officiel de basket-ball. Aujourd’hui, le responsable de cette désormais « Section Sportive Arbitre » est Romain Pelletier, Conseiller Technique des Officiels.

La section à l’assaut !

Pourquoi décider de créer une section sportive réservée aux arbitres ? La question s’est évidemment posée à l‘époque, et continue sûrement de provoquer des débats chez certains. À cela, il faut rappeler toutes les vertus véhiculées par la pratique de l’arbitrage, qui sont différentes – mais complémentaires – de celles amenées par le jeu ou le coaching. Gestion du stress, des acteurs et de l’environnement ; maîtrise de son sang-froid, capacité à prendre des décisions … toutes les émotions y passent nous direz-vous. Vous avez raison. Cependant, si la BD “Ceci n’est pas une Coupe du Monde” (toujours disponible en cliquant ici) nous enseigne une chose, c’est que l’arbitre est sujet aux critiques. Ou du moins, disons qu’appréhender ces critiques lorsqu’on est arbitre est une tâche plutôt difficile, peu importe l’âge – comme dirait le célèbre dicton d’un grand poète : « moi tu m’parles pas d’âge ». Le soutien est souvent rare. Imaginez devoir faire face à autant de remarques, de reproches ou de critiques … Compliqué, mais pas impossible. A force d’entraînement, de répétitions et de préparation, on engrange de la confiance ainsi que des compétences. Pour être arbitre mais également pour devenir adulte d’ailleurs. C’est un des objectifs avoués de la SSA : “faire de ces jeunes des adultes autonomes et responsables capables d’évoluer rapidement dans un monde professionnel et sportif”, résume le document de présentation de la section.

Et après ?

Un autre débat régulièrement discuté est la distinction arbitre/joueur au niveau du statut professionnel. Sans rentrer dans ces considérations, il est vrai qu’au plus haut niveau, les joueurs et les staffs sont professionnels et ont donc des contrats avec leurs clubs respectifs. Pour les arbitres, les choses sont différentes. Beaucoup cumulent une activité professionnelle à côté. L’arbitrage n’est qu’un plus. On arbitre pour dépanner, pour gagner un petit peu d’argent de poche. Puis on monte en niveau, on s’investit un petit peu plus. Et au final, à force de travail, d’abnégation et de motivation, on peut prétendre à arriver au plus haut niveau. Si des parcours de formations ont été mis en place par la FFBB, aucun contrat professionnel, sauf sept, ne lie les arbitres à la fédération. Ils n’ont pas de statut valable auprès des banques, des assurances ou de même de l’État. Alors, la Section Sportive Arbitre d’Orléans apparaît comme précurseur en la matière, mettant en avant la nécessité de « former la relève”, ou du moins d’initier certains jeunes à la pratique de cette belle activité qu’est l’arbitrage. Là où l’arbitrage est souvent vu comme un plus, cela devient une vraie composante du parcours de formation global de l’étudiant, pour notre plus grand plaisir ! La SSA précise bien que son objectif est double : scolaire ET sportif. De là à recevoir un diplôme d’Etat un jour ? Affaire à suivre.

Quoiqu’il en soit, les résultats sont déjà là. 100% de réussite au BAC en dix ans, +50% de mentions. Quatorze arbitres nationaux UNSS. De nombreux arbitres régionaux, fédéraux et même plus haut en filière Haut Niveau ainsi que Paul Nehaume, arbitre HN évoluant en NM1. La Section Sportive Arbitre continue à innover pour proposer un parcours de formation toujours plus en raccord avec les exigences de notre sport. Désormais, la rentrée approchant, il faut constituer de nouveaux groupes : les inscriptions sont ouvertes ! Alors, pourquoi pas vous ? Et si vous avez peur de vous lancer dans cette aventure, Romain Pelletier à un message à vous faire passer.

Un jeune qui veut se lancer mais qui a peur, il faut qu’il sache qu’on a tous eu peur au départ. Mais quand on sait ce que l’arbitrage a apporté à beaucoup d’entre nous, ça en vaux la peine : plus d’assurance, savoir prendre ses responsabilités, communiquer plus facilement, et surtout vivre de très beaux moments que ce soit en match ou lors des stages. Tout ça nous aide à construire notre vie et nous rend plus fort. Alors il ne faut pas hésiter et il faut se renseigner dans son club pour participer à l’école d’arbitrage. Et puis si vous êtes en 3e, et bien candidatez à la section vous serez peut-être parmi nous dès la rentrée prochaine ! Vous vivrez trois très belles années, mais elles ne seront que le départ d’une très belle vie …

Romain Pelletier pour Referee Time