Dans son poème « L’Isolement », Alphonse de Lamartine disait « un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Un an déjà que Kobe Bryant a laissé orphelin les parquets, et pourtant, il nous semble qu’hier encore il devenait le troisième meilleur marqueur de l’histoire de la NBA. S’il était, et reste toujours, un modèle pour bon nombre de joueurs et joueuses, il est également celui qui a compris que les règles sont faites pour être détournées … Retour sur une légende du sport, parti trop tôt, et son rapport à l’arbitrage

Est-ce que Kobe connait plus le règlement de jeu que certains arbitres ? C’est fort probable. Des heures et des heures passées sur le code de jeu afin de découvrir un maximum de « failles » et pouvoir jouer avec le règlement. Dans The Mamba Mentality, il explique. 

« Je me suis fait un devoir de lire le manuel de l’arbitrage. L’une des règles que j’y ai repéré est que chaque arbitre a une place désignée où il est censé être sur le parquet. Si le ballon, par exemple, est à un endroit W, les arbitres X, Y et Z ont chacun un emplacement sur le terrain qui leur est assigné. Quand ils font cela, cela crée des zones mortes, des zones sur le parquet où ils ne peuvent pas voir certaines choses. J’ai appris où se trouvaient ces zones et j’en ai profité. Je m’en sortais avec des tirages de maillots, des marchers et toutes sortes de fautes mineures, simplement parce que je prenais le temps de comprendre les limites des arbitres. »

KOBE BRYANT
Kobe Bryant with Joey Crawford in Game Three of the 2009 NBA Finals at Amway Arena on June 9, 2009 in Orlando, Florida. (Photo by Nathaniel S. Butler/NBAE via Getty Images)

Et s’il a mis en difficulté grand nombres de ses adversaires durant ses vingt saisons aux L.A Lakers, le quintuple champion NBA a également donné du fil à retordre à certains arbitres. Zach Zarba raconte une de ses premières expériences, celle où il a arbitré la Légende KB24 pour la première fois de sa longue carrière d’arbitre NBA.

Ce devait être ma première année dans la ligue. Mon moment « Bienvenue dans la NBA ». Je me souviens d’un match des Lakers et il y a Kobe Bryant. Kobe en 2003, 2004, était plus jeune et effronté. Il était à la poursuite de sa légende. C’était un grand joueur, et intense. Je me souviens d’un match et Kobe a posé des questions sur une action. Il pensait qu’on lui avait fait une faute sur le coude lors d’un jump shoot. Il a gueulé. La culture de la NBA c’est que, pour nous, si une action litigieuse se déroule pendant la première mi-temps, on peut aller voir les images à la mi-temps, revenir sur le parquet et dire au joueur concerné soit « Oui, t’avais raison », soit « Non, tu avais tort ». Bien sûr, Kobe a été victime d’une faute et j’ai manqué cette action. Il aurait dû bien y avoir une faute. Quand vous le dites à un joueur, que vous baissez votre garde et que vous lui dites : « Hé, j’ai raté l’action, c’est pour moi », 95% des joueurs vous diront : « Hé, ne t’inquiètes pas. Tu auras le prochain ! ». C’est ce genre d’environnement de travail … logiquement ! Je reviens, je vais vers Kobe et je lui dis : « Kobe, tu avais raison. Tu as été frappé au coude, il y avait faute, désolé ! » Il m’a lancé un regard de la mort, j’ai cru qu’il allait me botter le cul ou que sais-je. Il m’a fixé avec un visage glacial, puis m’a lancé : « Reprends-toi. »

ZACH ZARBA, NBA Referee

Kobe n’aura donc pas traumatisé que des joueurs … 

Son attitude a laissé une « Bryant Touch » espiègle dont les joueurs du monde entier s’inspirent, réhaussant ainsi le règlement comme allier de tous les acteurs du jeu. Bryant – à lire « brillant » cette fois-ci. Si cela facilite le dialogue et la compréhension entre les joueurs/joueuses et les arbitres, gare à celui ou celle qui connaîtrait mieux le règlement que vous alors …

Ne restez pas sur le Caro

« Tout ce qui n’est pas interdit est autorisé » 

Meneuse de la Roche-Vendée en Ligue Féminine et joueuse de l’équipe de France 3×3, Caroline Hériaud est également une joueuse qui cherche toujours à « filouter » avec les arbitres à la Kobe. Ayant vu une story Instagram (on a perdu les plus vieux …) avec un code de jeu (on a perdu certains arbitres …), notre équipe s’est entretenue avec elle. Et elle le dit elle-même : « Pour moi, c’est essentiel de connaitre le règlement, c’est une partie du jeu qu’on sous-estime trop souvent. Quand on le connait bien, on peut facilement jouer avec ! ». La Championne du Monde 3×3 Universitaire en 2016 note un éminent contraste entre la période où elle n’avait pas encore lu le règlement, et maintenant qu’elle en a parcouru les moindres lignes. 

« Je vois une grande différence. Étant capitaine et meneuse, c’est très important de pouvoir communiquer avec les arbitres, mais également de comprendre ce qu’il se passe à chaque moment de la rencontre. Pour ma part, j’adore jouer avec les règles. Une des premières choses que j’ai appris en STAPS, c’était « tout ce qui n’est pas interdit est autorisé. Connaitre le règlement permet parfois de tourner les règles en notre faveur. Je prend toujours l’exemple de Chris Paul qui fait prendre une faute technique à son adversaire sur une règle très spécifique et qui permet à son équipe de revenir dans le match ! C’est super important ! »

CAROLINE HÉRIAUD (surnom : Caro … D’où le titre pour ceux qui n’avaient pas compris …)
Caroline Hériaud et ses coéquipières sur « YMCA ». Vous l’aurez compris, là c’est le Y.

Joueurs/joueuses de basket, vous savez ce qu’il vous reste à faire : profitez du confinement qui arrive (?) pour prendre le temps de lire le règlement afin de filouter avec les arbitres à la reprise des championnats – mais le moins possible de préférence … 

Flash News inutile: il y a à peu près 48 millions de kangourous en Australie et 3 457 380 habitants en Uruguay. Imaginons maintenant que les kangourous décident d’envahir l’Uruguay et qu’une guerre éclate, cela signifie que chaque Uruguayen doit combattre à lui seul 14 kangourous !